Représenter, c’est aussi simplement décrire. D’une manière tout à fait poétique ou passablement technique. Quelques exemples choisis de textes écrits depuis 2012.
Rémanences : Texte de présentation du travail d’Emmanuelle Leblanc / 2015

Pour Emmanuelle Leblanc, la peinture reste le moyen le plus cohérent de prendre le temps de restituer le vif, de toucher la mémoire des temps courts, rapporter l’éclat des espaces éteints. Paradoxal en somme, compréhensible en différence.

Formellement, il y a toujours cet imaginaire porté par certaines formes du passé, cette recherche de la mesure, de la proportion, de l’harmonie et du juste ton.

Dans le fond, pour autant, rien n’est attendu. Tout doit s’attendre. Mélange subtil d’une implication longue et d’un détachement plus grand encore pour toucher la mémoire, donner formes à des rémanences.

Rémanence sensible : « La Ligne de peinture« , longue suite de petites huiles sur bois, travelling syncopé dont le discours se voudrait essentiellement pictural, et qui parvient pourtant à émouvoir par des indices hors contexte.

Rémanence sensitive : La série de portraits en clair-obscur, « Matière à Réflexion » est un ensemble de « mémoires colorées » ou la capacité d’une figure-support à se souvenir de la lumière.

Tous souvenirs éteints, cette peinture là continue de briller.

Phosphène : Poème écrit pour l’exposition éponyme curatée par Pleonasm, Bordeaux, 2015.

_ << J’ai désespéré de les voir pâlir.

Tout près, certains soulevaient des photons en poussière;
sous l’escalier, j’éteignais de soudains parasites
tenaces.

Fines décharges sans humour à ciel fermé… >>
_ << >>
_ << Non, seulement électriques.

.. entre la mousseline gris vert en perspective et…
et des spectres volaient,
j’en ai gardé des tâches et un léthargique Hannibal sous les paupières. >>
_ << On aurait aimé l’Incendie pour être plus clair.>>
_<< De la mousse noire et pourpre et un peu d’or
et le souvenir des meubles sous une feutrine gris bleu…
qui passait encore…

mais un temps moins long,
à chaque clignement et
il reste des traces d’un tragique animal
devenu vert en négatif.
Une déformation des vers en somme.

J’ai désespéré de les voir partir, tenaces,
qui soulevaient des poussières d’escalier…

Des fautes qu’on a soudé par la suite
à nos paupières. >>

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